Israël approuve la libération de 104 prisonniers palestiniens

Publié le 30 Juillet 2013

(Article publié le 29 juillet 2013 sur JForum)

Les 104 prisonniers palestiniens seront bientôt libérés.

Le gouvernement israélien a approuvé dimanche à l’issue d’un long et difficile débat , la libération de 104 prisonniers palestiniens ; exigée par l’Autorité palestinienne en contrepartie de la reprise des pourparlers directs.

Sur les 22 ministres présents, 13 ont voté pour 7 contre et deux se sont abstenus. Ce vote en faveur de la libération des prisonniers palestiniens est intervenu alors qu’au même moment des centaines de membres des familles de victimes manifestaient devant les bureaux du gouvernement à Jérusalem. Le vote n’était pas gagné d’avance et le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou avait craint un rejet de sa proposition par ses ministres.

Parmi les ministres qui ont refusé cette proposition figurent Naftali Bennett à la tête du parti "le Foyer Juif ". Tzipi Livni la ministre de la Justice et qui doit mener les négociations avec les Palestiniens dès mardi à Washington a voté bien évidemment pour, tout comme le ministre des finances Yaïr Lapid .

La relance du processus de paix est importante pour Israël au vu de la situation dans la région, en Syrie et en Iran", a déclaré Benyamin Netanyahou, dès l’ouverture du conseil des ministres.

Les ministres israéliens ont également approuvé la tenue d’un référendum sur tout accord futur avec les Palestiniens, une première dans l’histoire du pays.
Reprise des négociations à Washington dès mardi

Même si l’annonce officielle n’a pas encore été faite, il est maintenant presque certain que les négociations reprendront mardi à Washington ; après trois ans d’impasse et l’absence de négociations directes officielles entre les deux parties.

Le gouvernement français s’est réjoui de la reprise des négociations et a salué une "avancée potentiellement majeure qui intervient après trois ans de suspension" avant de souhaiter la réussite des pourparlers.

"Il est dans l’intérêt de tous de mettre fin au conflit et de garantir la création d’un État palestinien viable et souverain, vivant en paix et en sécurité aux côtés d’Israël" a déclaré le ministre français des Affaires étrangères, dans un communiqué officiel.

L’Autorité Palestinienne se prépare à "une bonne nouvelle"

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, s’était montré confiant vendredi et avait annoncé que "dimanche amènerait de bonnes nouvelles pour les Palestiniens emprisonnés en Israël".

Mahmoud Abbas, qui a réunit en urgence son gouvernement à Ramallah, devrait réagir à cette annonce dans l’après-midi.

Qui seront les prisonniers libérés ?

La plupart des prisonniers concernés sont détenus pour des crimes commis avant le début du processus d’Oslo en 1993 et ont commis des attaques contre des soldats israéliens. Toutefois​ beaucoup d’entre eux purgent une peine pour le meurtre de civils israéliens.

"C’est un jour difficile" a affirmé Binyamin Netanyahou", pour moi, pour les ministres, et pour les familles des victimes. Mais il faut savoir parfois prendre des décisions difficiles pour le bien du pays" avant d’affirmer qu’une équipe ministérielle se réunira pour approuver chaque libération.

Parmi les prisonniers concernés, Issa Abed Rabbo, assassin d’un jeune couple de randonneurs israéliens en 1984, Muhammad Tus, responsable de l’attaque de 5 bus israéliens et du meurtre de 5 civils israéliens en 1985, ou encore Fayez Hour, coupable d’avoir tué deux Israéliens à Gaza en 1985. Jomaa Adam et Mahmoud Harbish, assassins d’une mère israélienne et de ses trois jeunes enfants, devraient également recouvrer la liberté.

Qadura Fares, chef du Club des prisonniers palestiniens, qui défend les droits des Palestiniens détenus en Israël, et responsable de l’Autorité palestinienne, avait indiqué dimanche matin qu’il n’y aurait aucune négociation avec l’Etat hébreu sans la libération des 104 détenus.

"S’ils ne les libèrent pas tous, il n’y aura pas de négociations", a-t-il dit à la radio publique israélienne.

Lors d’accords précédents, Israël avait expulsé des prisonniers palestiniens de Cisjordanie ou de Jérusalem-Est vers la bande de Gaza ou à l’étranger, des éventualités jugées cette fois inacceptables par M. Fares.

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POUR RÉPONDRE A SA VOLONTÉ DE PAIX, ISRAËL TROUVERA-T-IL UN PARTENAIRE QUI EN FINIRA AVEC SA CULTURE DE HAINE ?

(Article d'Hélène Keller-Lind publié le 28 juillet 2013 sur Des Infos.com)

Accepter de relâcher cent quatre terroristes palestiniens ayant du sang sur les mains avant même la reprise de négociations devant débuter à Washington le 30 juillet aura été un geste particulièrement difficile pour Benyamin Netanyahou. Une décision acceptée par son Cabinet ministériel le 28, comme l’est le principe d’un référendum si un accord est trouvé avec les interlocuteurs palestiniens. Dans la période de neuf mois que le Premier ministre israélien se donne pour y parvenir. La question étant de savoir si ces interlocuteurs seront à la hauteur et renonceront à leur enseignement de la haine et de la violence anti-israéliennes.
Gestes douloureux, voire injustes, consentis par Israël, pour donner une chance à la paix

Bien que le Cabinet ministériel israélien soit trop souvent confronté à des décisions difficiles, celui du 28 juillet 2013 aura pourtant été particulièrement rude. Il s’agissait, en effet, pour les ministres réunis de prendre position sur deux sujets essentiels, dont une reprise des négociations diplomatiques entre Israël et les Palestiniens – tout au moins le Fatah et l’OLP -, aux conditions précisées par le Premier ministre. Et dont il donnait la veille un aperçu aux citoyens israéliens dans une lettre ouverte sans fards . Evoquant notamment « les exigences de retraits et de gels des Palestiniens comme conditions préalables pour entamer des négociations...leur demande de libérer des prisonniers palestiniens ». Ce à quoi il n’était « pas prêt », pas plus que la majorité des Israéliens. Pourtant, expliquait-il, ces décisions, aussi injustes et infiniment douloureuses puissent-elles être comme la libération de « vils meurtriers » il fallait les prendre. Car, écrivait-il, « À l’heure actuelle, il me semble qu’il est très important pour l’Etat d’Israël d’entrer dans un processus diplomatique. Ceci est important à la fois pour explorer jusqu’au bout toutes les possibilités en vue de mettre fin au conflit avec les Palestiniens mais aussi pour établir la position d’Israël dans la réalité internationale complexe autour de nous ».

Le 28 juillet le Cabinet ministériel a approuvé en fin de compte la reprise des négociations diplomatiques telles que le Premier ministre les leur a présentées. Il a également voté une loi qui permettra la tenue d’un référendum portant sur l’accord éventuel auquel parviendront les négociateurs, dans les neuf mois à venir. Le Premier ministre ayant estimé que « chaque citoyen doit pouvoir avoir une influence directe sur notre avenir et notre destin pour une question aussi cruciale ».

Par ailleurs, annonce le Conseiller en communication du Premier ministre, une équipe ministérielle est mise en place pour la libération des prisonniers palestiniens. Elle sera présidée par le Premier ministre, ses autres membres étant le ministre de la Défense, Moshe Yaalon, le ministre de la Justice, Tzipi Livni, le ministre de la Sécuurité Publique, Yitzhak Aharonovitch et le ministre de la Technologie et de l’Espace, Yaakov Peri ».

Toutefois, lors de la réunion de ce Cabinet, Benyamin Netanyahou précisait que « l’Etat d’Israël se réserve le droit de prendre toutes les mesures contre chacun de ces prisonniers qui seront relâchés s’ils reprennaient des activités terroristes ou s’ils violaient les conditions de leur libération, ce qui s’ajouterait à ce qui reste de leur condamnation, ce qui sera décidé par les autorités compétentes ».
Gestes importants des Etats-Unis, notamment sur le volet financier : des projets élaborés de concert par les trois parties prenantes

En complément de ces gestes très concrets auxquels Israël a consenti, il y a ceux que font les Etats-Unis. Notamment sur leplan économique. Comme le détaillait le Secrétaire d’Etat américain lors d’une folle journée, concluant six mois d’efforts lui permettant de relancer le processus de paix qui passait pour agonisant. Il s’interrogeait le19 juillet à Amman sur « la manière de changer la vie des Palestiniens, d’une manière telle qu’ils le sentent rapidement, pas en paroles mais concrètement », faisant état « d’environ huit années de travail réalisées en deux mois...par des dirigeants majeurs du monde des affaires et des consultants de firmes internationales majeures » qui ont analysé « les défis économiques des territoires palestiniens, en examinant les secteurs de l’économie – le tourisme, l’industrie, l’infrastructure, l’énergie, l’eau, etc. ».

Un travail gigantesque ayant permis, dit-il, évoquant un travail mené à la fois avec les Israéliens et les Palestiniens « d’élaborer une série de projets...qui auront un impact direct sur le chômage. Nous espérons qu’en trois ans environ on pourrait réellement réduire le taux de chômage le faisant passer de 21 % à 8 %, ce qui pourrait doubler le PIB dans le territoire palestinien tout entier. Et cette initiative ne vaut pas seulement pour la Cisjordanie mais aussi pour Gaza ». Un processus de paix pouvant par ailleurs attirer des investissements, ajoutait-il...
Israël et les Etats-Unis donnent toutes ses chances à la paix, mais côté palestinien l’enseignement à la haine, l’incitation à la violence perdurent...

Israël, on le voit, donne toutes ses chances à la paix. Les Etats-Unis aussi. Reste à savoir si les interlocuteurs palestiniens seront à la hauteur. Benyamin Netanyahou écrivait d’ailleurs à ses concitoyens : « Au cours des neuf mois à venir, nous verrons s’il y a un élément palestinien en face de nous qui, comme nous, veut vraiment mettre fin au conflit entre nous ».

On sait que l’enseignement de la haine anti-israélienne, l’incitation à la violence anti-israélienne, ont été érigés à l’état de système omniprésent par l’Autorité palestinienne.Que cela se fait dans les manuels scolaires, les émissions télévisées, qu’elles soient pour enfants, « culturelles », récréatives, ou religieuses. Il n’y a guère de rue, de place, de stade, d’événement sportif, d’association sportive ou estudiantine, qui ne soient dédiés à la glorification d’un Shahid, martyr mort pour Allah – c’est-à-dire en perpétrant ou préparant un acte terroriste -, digne des plus hautes récompenses célestes, vierges y compris. Tout un système ayant porté de sinistres fruits ces dernières décennies, empoisonné l’exprit de chaque génération et dont on trouve d’innombrables exemples recueillis et traduits par Palestinian Media Watch

Alors même que John Kerry oeuvrait sans relâche pour obtenir une reprises des pourparlers, le 22 juillet la Page Facebook d’une Commission du Fatah mettait à l’honneur Abdallah Barghouti, un terroriste jugé et condamné à soixante-sept peines de prison à vie pour avoir fabriqué les bombes utilisées dans cinq attentats particulièrement sanglants entre 2001 et 2003, date à laquelle il a été arrêté. Et de donner en exemple à suivre la liste de ces « hauts faits »...

Le 19 juillet c’est le ministre palestinien des Affaires religieuses, nommé par l’Autorité palestinienne, Mahmoud al-Habbash, qui, au cours du très officiel sermon du vendredi, rediffusé par la télévision officielles palestinienne, et auquel assistait, entre autres, Mahmoud Abbas, image de piété et de recueillement, donnait une leçon de duplicité politico-religieuse. Rappelant que le Prophète lui-même, avec le soutien d’Allah, avait conclu un accord de non agression de dix ans avec la tribu qui tenait alors La Mecque, obtenant en échange la permission de s’y rendre pour prier. Mais Mahomet rompit cet accord deux ans plus tard, attaquant puis expulsant cette tribu. Commentaire du ministre : « c’est de la politique, de la gestion de crise, de la gestion de situation, de la gestion de conflit. Allah avait qualifié ce Traité de victoire très claire ... ». Et la séquence se termine avec ce rappel du ministre : « en moins de deux ans le Prophète est retourné et sur la base de ce Traité il a conquis La Mecque. C’est l’exemple, c’est le modèle » .

Aujourd’hui PMW met en ligne et traduit l’une des versions d’une chanson fréquemment diffusée par la télévision officielle palestinienne depuis sa première diffusion le 4 septembre 2011, y compris six fois en live en juin 2013 et également le 3 juillet dernier. Les paroles annoncent la révolution comme certaine et une nouvelle vie qui sera imposée par les armes, la « tête du serpent » - Israël- ayant été attaquée...

Fait notable, des dignitaires palestiniens assistaient à l’un de ces spectacles, tapant avec entrain dans les mains pour souligner les paroles de la chanteuse... Il s’agit de Abbas Zaki, membre du Comité Central du Fatah, Hanan Ashrawi – membre du Comité executif de l’OLP et coqueluche de nombreux médias américains qui la croient « modérée » et fiable, Abd Al-Rahim Maluh, membre du Comité executif de l’OLP, et Sultan Abu Al-Einein, membre du Comité Central du Fatah.

Israël a-t-il en eux de véritables partenaires pour la paix ? La population palestinienne, nourrie depuis des décennies de cette haine, peut-elle vouloir la paix ? Et on ne parle pas ici, bien évidemment, de ceux qui appartiennent aux nombreuses organisations palestiniennes ouvertement terroristes qui, elles, rejettent toute idée de négociations.

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LE CHEF DU SHIN BET : LA LIBERATION DES PRISONNIERS EST DANGEREUSE
(Article d'Elior Levy publié le 28 juillet 2013 sur YNet, adapté par Marc Brzustowski le 29 juillet 2013 sur JForum)

L’organisme des renseignements intérieurs, informé de la décision du Cabinet, a demandé à revoir la liste des prisonniers éligibles. Le Directeur du Shin Bet évalue, tout bien pesé, que, bien que posant des menaces contre la sécurité des citoyens, ces libérations pourraient apporter un calme relatif en Judée-Samarie/Cisjordanie.

Cette mise au point contredit, en partie, l’article hâtif de Yossi Melman, repris sur i24 news, affirmant péremptoirement que : "Libérer des prisonniers palestiniens n’est pas un lourd prix à payer pour la paix" !. L’expert a prétendu : "Outre les aspects moraux et l’impact émotionnel pour les familles des victimes, Israël peut se permettre de libérer des prisonniers d’un point de vue sécuritaire. Notre gouvernement porte la lourde responsabilité de peser le pour et le contre, et d’arriver à la conclusion que pour la paix et pour éviter que davantage de sang ne soit versé, la libération de ces terroristes est dans notre intérêt vital". "Vital", cela dépend pour qui...

Yossi Melman est un expert dans le domaine des affaires de sécurité et du renseignement"

Le Chef du Shin Bet, Yoram Cohen a exprimé des réserves, concernant la libération de 104 prisonniers pour motifs sécuritaires, en disant que « leur libération portera atteinte à la sécurité, aussi bien en termes de menace immédiate, pour la quiétude du public, qu’en termes d’érosion de la dissuasion ».

Quoi qu’il en soit, Cohen a fait remarquer que la reprise des pourparlers avec les Palestiniens aura un impact positif, “en restaurant un calme relatif en Judée et Samarie, particulièrement, en ce qui concerne les terroristes affiliés à l’Autorité Palestinienne, tels que les membres du groupe Tanzim ».

e chef du Shin Bet a proposé au gouvernement une liste de prisonniers divisée en trois catégories : les Prisonniers que le Shin Bet pense pouvoir être libérés, les prisonniers qui ne devraient pas être libérés et les prisonniers qui devraient être renvoyés à Gaza ou expulsés vers l’étranger.

La liste a été subdivisée selon le niveau de menace que chaque prisonnier pose à la sécurité du public, selon l’évaluation de l’organisme des renseignements.

Manifestations en Israël contre les libérations de tueurs sanguinaires.

Cohen a aussi soumis des recommandations visant à minimiser les risques relatifs aux prisonniers libérés.

Le Shin Bet a été mis au courant du projet de libération de prisonniers, la semaine dernière, et après avoir examiné leurs profils, il a déterminé que tous étaient des meurtriers « ayant du sang sur les mains », appartenant à diverses organisations et régions et foyers du terrorisme. Le service intérieur craint, en effet, qu’ils soient susceptibles de commettre des crimes supplémentaires.

Le Shin Bet tient à spécifier que l’avis de l’organisation n’a pas été, préalablement, requis en vue d’informer le Cabinet, ni pour savoir s’il soutenait ou, au contraire, s’opposait à cette décision, mais qu’on lui a, plutôt, uniquement demandé de veiller à réviser la manière dont la décision politique doit être instaurée.

Le Cabinet a approuvé, dimanche, la libération de 104 prisonniers sécuritaires, par une majorité de 13 ministres qui ont voté en faveur du projet, et sept ministres s’opposant à cette décision. Les Ministres Limor Livnat et Silvan Shalom se sont abstenus.

Selon cette résolution, 104 prisonniers seront libérés et une Commission ministérielle, qui sera dirigée par Netanyahou et les ministers Ya’alon, Livni, Aharonovitch et Péri, sera mise en place pour superviser le processus comme faisant partie intégrante des négociations avec les Palestiniens.

Nota Bene : Les explications et assurances données par Bibi Netanyahou au public israélien, de la nécessité de prendre des mesures impopulaires pour avancer vers la paix, n’ont guère soulevé l’enthousiasme des foules de l’Etat hébreu. En effet, une fois encore, le chantage d’Abbas a réussi à prendre : il lui suffisait de menacer de ne pas se rendre le 30 juillet à Washington pour obtenir cette nouvelle "concession douloureuse" en gage de simple promesse de présence à Washington... sans engagement ni contrepartie, cela va de soi.

Article d'origine :

SHIN BET CHIEF : PRISONNERS' RELEASE DANGEROUS
(Article d'Elior Levy publié le 28 juillet 2013 sur YNet)
Intelligence organization informed on cabinet's decision, asked to review list of prisoners; Shin Bet chief says though posing threat to public safety, release could bring about calm in West Bank
Shin Bet Director Yoram Cohen expressed reservation regarding the release of 104 security prisoners, stating that "their release will damage security, both in terms of immediate threat to public safety and in terms of an erosion of deterrence."
Nonetheless, Cohen noted that resuming peace talks with the Palestinians will have a positive effect in "calming Judea and Samaria, especially in regards to activists affiliated with the Palestinian Authority, such as the Tanzim group."
The Shin Bet chief handed the government a list of prisoners divided into three categories: Prisoners the Shin Bet believes can be released, prisoners who should not be released and prisoners who should be released to Gaza or deported.
The list was divided in accordance with the level of threat each prisoner poses to public safety, in the eyes of the intelligence organization.
Cohen also submitted recommendations to minimize risks pertaining to prisoners who are released.
The Shin Bet was updated on the issue of prisoners' release last week, and after reviewing their profiles determined that all were murderers "with blood on their hands" from various organizations and regions. The organization thus fears they might commit additional crimes.
The Shin Bet noted that the organization was not required to inform the cabinet whether it supported or opposed the decision, but was rather only asked to review the manner in which the decision is to be implemented.
The cabinet approved Sunday the release of 104 security prisoners with a majority of 13 ministers voting in favor, and seven ministers opposing the decision. Ministers Limor Livnat and Silvan Shalom abstained.
According to the resolution, 104 prisoners will be released and a ministerial committee to be headed by Netanyahu and ministers Ya'alon, Livni, Aharonovitch and Peri will be established to supervise the process as part of the negotiations with the Palestinians.

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PROCESSUS DE PAIX : LA STRATEGIE GAGNANT-GAGNANT DE BIBI NETANYAHOU

(Article de Marc Brzustowski publié le 29 juillet 2013 sur JForum)

Les négociations de paix avec les Palestiniens, qui échouent invariablement depuis 20 ans, commencent sur une note douloureuse, très mal ressentie par l’opinion israélienne. L’annonce de la prochaine libération de 104 détenus « ayant du sang sur les mains », du sang d’enfants, de femmes et de soldats d’Israël a tout d’une pilule amère qui envoie, une fois encore, le plus mauvais message à la partie adverse, qu’on prétend « partenaire » de paix : ainsi donc, le gouvernement dirigé par Binyamin Netanyahu aurait cédé au chantage. Capitulé.

Le Premier Ministre a tout fait pour éviter d’offrir un prétexte à Mahmoud Abbas de ne pas se présenter à Washington et refuser « d’ouvrir un nouveau chapitre » de pourparlers. Mais, c’est bien la preuve que la seule menace palestinienne de s’abstenir a marché, pour extorquer de nouvelles concessions, sans autre contrepartie qu’un acte de présence. On peut se demander, alors, jusqu’où Netanyahou est prêt à aller, dans ces « concessions douloureuses », lorsque, effectivement, les uns et les autres rejoindront la table des négociations ? De grands experts, comme Daniel Pipes, prédisent déjà, avec des accents de Cassandre que, comme avant lui, Ariel Sharon, Bibi serait passé « à gauche ».

Avant de tirer des plans sur cette nouvelle comète, qui survole Jérusalem pour une période déclarée, d’au moins, 9 mois,sachons, déjà, où nous en sommes, au stade actuel :

Tsipi Livni, flanquée d’Itzhak Molcho, conseiller du chef de gouvernement, se sont envolés dans la nuit, pour Washington. Ils doivent y rencontrer une délégation palestinienne menée par Yasser Abed Rabbo, vétéran de ces discussions qui tournent en rond depuis si longtemps.

Les espérances sont fortes. La méthode préconisée par John Kerry est inverse à celle qui a prévalu jusqu’à présent. Constat : chaque fois qu’on a commencé par les sujets les plus faciles à résoudre, les blocages ont commencé à se faire jour sur les sujets complexes à fort contenu émotionnel : Jérusalem, les frontières et la sécurité, les « réfugiés » et leur point de chute.

Quartier de Gilo, au Sud-Ouest de Jérusalem -et non à "l’Est" comme le dit la ritournelle.

Cette fois, ces problèmes au coeur du conflit devraient être traités simultanément, selon Sylvan Shalom, à Galei Tsahal, la radio de l’armée d’Israël.

C’est ce que confirme Rabbo sur « la Voix de la Palestine » : en principe, on traitera, d’emblée, de la sécurité et des frontières.

Binyamin Netanyahou a toujours résisté aux préconditions palestiniennes, exigeant des concessions sur ces sujets et celui, imbriqué, des implantations. Si, précise Shalom, on avait renoncé sur ces questions, on n’aurait plus aucun moyen d’inciter les Palestiniens à faire, en retour, des concessions sur Jérusalem et les « réfugiés » (7 millions de prétendants au titre, au bas mot).

En matière de concessions territoriales, Israël a déjà donné : l’expérience amère de Gaza, devenant un bastion terroriste du Hamas a suffi. Il n’est pas question de céder un grain de sable, sans contrepartie sécuritaire. Et les réfugiés doivent, s’ils veulent revenir, s’installer du côté de Ramallah ou à Gaza.

Mais, la mission de Livni et Molcho, à ce stade, n’a pas la portée politique que leur prêtent les médias : nous n’en sommes qu’au stade des préliminaires.

D’une part, Kerry doit s’assurer que ces négociations reprennent effectivement, avant de faire signer la moindre clause d’assurance (policière, militaire ou économique), de la part d’Obama, aux deux parties.

D’autre part, le Secrétaire d’Etat américain met en place un mécanisme de participation indirecte de la Ligue Arabe, notamment l’Arabie Saoudite et l’Egypte, qui auront leur mot à dire sur les conséquences et résultats de ces pourparlers, au niveau régional [en effervescence].

A ce point, il faut revenir sur les propos énigmatiques du Ministre de la Défense, Moshé « Booguy » Ya’alon, s’agissant de la libération des 104 terroristes : « Nous révélerons, plus tard, les considérations stratégiques qui ont pesé sur cette décision ».

Actuellement, l’armée égyptienne, menée par le Général al-Sisi, réprime les éléments jihadistes au Caire et dans le Sinaï, dans le cadre de l’opération « tempête du Désert » (ainsi nommée, non sans clin d’œil à la Guerre américaine en Irak). Israël est, c’est un secret de Polichinelle, en étroite communication avec les renseignements égyptiens. L’Arabie Saoudite et les Emirats chassent des Libanais vivant dans le Golfe, sur la foi de leur affiliation et soutien au Hezbollah et donc, à l’Iran.

Quant aux chances de réussite du processus de paix, la sagesse populaire finit par croire que le fossé entre les parties s’est tellement élargi, qu’elles sont devenues infimes.

La stratégie suivie par Bibi Netanyahou est, dès lors, assez simple : ou ça passe, ou ça casse. Mais, en ce cas, il espère bien l’emporter, aux yeux des Américains, tout du moins, dans le jeu des accusations réciproques de responsabilité dans l’Echec de la paix. S’il a opté pour la relance, c’est dans le but d’amener Israël à une position de force, en cas de fiasco. Il était donc, politiquement, nécessaire (et coûteux) de démontrer que, frappant les trois coups, l’Etat Hébreu a, d’emblée, fait des concessions douloureuses, par la libération de prisonniers. Les Palestiniens n’ont rien voulu entendre des préoccupations sécuritaires et identitaires de l’Etat Juif ? Parfait, mais quel geste auraient-ils fait, pour justifier d’un énième repli unilatéral ? Netanyahou s’est affirmé en homme fort, capable de prendre sa propre opinion, mieux, les « durs » de son propre gouvernement, à rebrousse-poil.

Si, par miracle, le processus parvient à un terme (temporaire ou définitif) acceptable par les deux parties, il entrera dans l’histoire comme celui qui a résolu le conflit et accepté une « Palestine démilitarisée », reconnaissant que les lignes d’armistice dites de 1967 ne sont pas intangibles, que Jérusalem n’est pas divisible, que les réfugiés doivent être accueillis par leurs frères palestiniens et qu’Israël est le pays des Juifs. De la coupe aux lèvres, il y a encore loin, là où nous en sommes actuellement.

Pour se prémunir des critiques sur son flanc droit, Netanyahou veut faire voter une Loi Fondamentale disant que tout accord avec les Palestiniens sera ratifié par un référendum populaire, si jamais la négociation fonctionne, effectivement.

Dani Dayan, conseiller des affaires étrangères pour le Conseil de Yesha (les implantations) suggère que le Premier Ministre bluffe le monde entier et qu’il en est conscient. Il détient encore toutes les cartes en mains et n’en a distribué aucune.

A ce stade, il n’a arrêté aucune décision stratégique, qui évoluera si et seulement si les pourparlers avancent. Toutes les options sont ouvertes. Selon Uzi Arad, ancien conseiller à la Sécurité Nationale, il n’y a, par contre, pas de raison de douter de sa sincérité, lors de son discours, il y a 4 ans, à l’université Bar-Ilan, selon les conditions édictées à l’époque et mentionnées ci-dessus.

La solution, parant à un échec annoncé, alors que tout un chacun ayant les pieds sur terre, sait que le fossé est large sur les quatre questions-clés (« frontières », sécurité, Jérusalem et implantations, réfugiés), serait de parvenir à un accord intérimaire qui ne ferme pas la porte à un stade ultérieur de discussions.

En effet, les Zones A et B, sous contrôle partiel ou total palestinien, à l’heure actuelle, forment déjà une sorte d’état auto-administré. Leurs limites pourraient constituer des frontières provisoires, en attente de résolution des points qui fâchent. La question est : que devient la « Zone C », sous contrôle israélien, avec la Vallée du Jourdain et les principaux blocs de présence juive ? Depuis Bill Clinton et les accords de Taba (mars 2001), les Etats-Unis ne sont pas opposés à une annexion des implantations par Israël, en échange de villages arabes situés à cheval entre les juridictions. Seule, l’Europe et sa nouvelle Directive, préjuge et s’oppose à tout compromis sur cette question dite des "territoires". Pour David Makovsky, directeur du Washington Institute (For Near East Policy), un accord temporaire a de solides de chances de réussir, alors que poursuivre l’obsession d’un accord définitif et total risque fort de conduire à une nouvelle désillusion.

L’Hypothèse de travail de Bibi Netanyahou serait, selon ses proches, que « cela [un accord de paix définitif, la fin des revendications] n’arrivera pas » : les Palestiniens ont montré trop de talents à faire échouer les discussions.

Son but le plus évident serait d’obtenir la paix… pas tant vis-à-vis des Palestiniens, s’ils ne s’y montreraient pas disposés, que des Américains, qui n’auront arraché à Abbas aucune des fameuses concessions réciproques nécessaires à l’établir.

On en revient aux considérations stratégiques de Moshe Ya’alon et au rôle de l’Egypte et de l’Arabie : la région est en ébullition. Le Hamas est en lutte aux côtés des nostalgiques de Morsi et reprend langue avec l’Iran, contre l’Egypte des militaires. Les généraux égyptiens restent des alliés objectifs, en tout cas, un meilleur parti que les Frères Musulmans, dans la sécurité de la frontière Sud. D’autre part, l’Iran, grâce aux victoires stratégiques du Hezbollah et d’Assad, en Syrie, poursuit sa percée vers la Bombe atomique et l’hégémonie, aux dépends des Sunnites. Israël a, réellement, besoin que l’Administration Obama lui lâche la bride sur la question stratégique cruciale, voire l’appuie militairement, en cas de décision cruciale à prendre. L’Arabie Saoudite, sans le dire ouvertement, est bien plus menacée par Téhéran que Jérusalem. Un service diplomatique pourrait en valoir un autre, d’ordre militaire…

L’Administration Obama, discréditée en Egypte comme parrain des Frères Musulmans, en froid avec le Royaume Wahhabite, a besoin d’une réussite symbolique pour redorer son blason terni au Moyen-Orient. Les Egyptiens anti-Morsi scandent : "Obama dégage ! Poutine, Viens !". Parler de paix autorise à cacher ces massacres d’autres peuples de la région qu’on ne saurait voir et ces manoeuvres ourdies contre la liberté de ces mêmes peuples, depuis le perron de la Maison Blanche.

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LE PATRON DU SHABAK A DECONSEILLE DE LIBERER LES 104 ASSASSINS PRE-OSLO CAR CELA PROVOQUERA UNE EROSION DE LA DISSUASION

(Article publié le 28 juillet 2013 sur NanoJV)

Invité à la réunion de Cabinet avec les ministres, le patron du service de contrespionnage israélien a formulé un avis négatif à la libération des 104 terroristes purgeant de longues peines dans les prisons israéliennes. Outre la probabilité élevée que les terroristes récidivent, ce geste de recul provoquera inévitablement une érosion de la dissuasion. Indépendamment de l’effet d’apaisement ponctuel obtenu sur le terrain avec la reprise des négociations.

La liste des 104 circule déjà et l’on y trouve une énumération d’individus moins recommandables les uns que les autres, coupables de jet de grenades sur une foule de civils, d’assassinats d’enfants, de personnes du 3ème âge, de meurtres perpétrés sur leurs proches ou leurs voisins, et d’actes de barbaries divers. Il s’agit donc on le voit de libérer la lie du terrorisme international en échange de pourparlers hypothétiques. Et cela alors qu’une plainte à la CPI est en cours de dépôt par l’ancien patron des services de sécurité palestiniens qui accuse le président de l’Autorité Palestinienne (négationniste) d’avoir détourné 700 millions de dollars, entre autres délits.

Les analystes s’attendent à ce que les criminels libérés soient accueillis et fêtés comme des "héros" par l’Autorité Palestinienne ce qui renforcera le dégoût d’une très grande majorité d’israéliens , totalement opposés à ces libérations.

La décision de principe a été prise à 13 voix contre 7 et 2 abstentions. Voici la liste des 104 (parmi 118 noms) en anglais ici.

Liste des prisonniers libérés

Israël approuve la libération de 104 prisonniers palestiniens
Israël approuve la libération de 104 prisonniers palestiniens
Quartier de Gilo, au Sud-Ouest de Jérusalem -et non à "l’Est" comme le dit la ritournelle.

Quartier de Gilo, au Sud-Ouest de Jérusalem -et non à "l’Est" comme le dit la ritournelle.

Rédigé par 'Ami Artsi

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